Chapitre Premier
Déambulez dans les rues de Lille et vous les verrez. Vous entendrez leurs rires, vous entendrez leurs joies. Ça crie, ça rie, ça vous dérange. Qu'est-ce qu'elle peut être fatigante, cette jeunesse. Cette jeunesse dorée qui vit d'un rien, et qui se réjouit de tout. Ne pas faire comme tout le monde, vivre à contre-sens. S'efforcer d'être décalé, un brin provocant. L'Alcool leur fait perdre le contrôle de leur vie bancale, transportée vers un ailleurs par leurs morceaux de Rock préférés. Pourquoi rester sage, quand le diable nous entraîne dans la danse ? Ça évite les emmerdes et les contraintes. Utopistes dans l'âme, ils refusent la réalité. Et ils vivent trop vite, et ils s'aiment trop fort, incarnant à eux seuls les membres d'une grande famille inséparable.
Mwa : Bon, j'me casse! J'en ai marre.
Je me dirige vers notre table et enfile ma veste en cuir marron et attrape mon sac : un American Apparel Vinyle.
Rerel : Naaaan Alice, reste merde!
Moi : Rerel, je m'en fou, sa me saoule et en plus je suis crevée.
Rerel : Nan sérieux, on est là pour toi et tu t'en vas?!
Je la regarde, elle rigole et elle est complètement allumée, elle a envie d'en finir maintenant et d'aller continuer à danser. Là pour moi... Ouais mais aussi pour les mecs.
Moi : Ok, ok je reste! Si sa peut te faire plaisir.
Je repose mon sac, je m'assoies, le regard dans le vide. Putain! Il est parti, il n'est pas resté. C'est de la merde. On fête mon anniversaire, j'ai 16 ans. Joyeux anniversaire Alice. Bon d'accord, la soirée avait SUPER bien commencée, tous mes amis étaient là et surtout LUI, Camille ... Ce gars que j'admire, ce gars qui est mon pote même un peu plus... Grand, brun, sourire magnifique et une façon bien à lui de vivre. Cette nonchalance, cette façon de se croire supérieure, ses cheveux en batailles, son style négligé mais toujours classe. Mais c'est un minet donc un bâtard ... C'est comme sa. Pourquoi? Parce que les minets sont en perpétuelle compétition entre eux pour obtenir le titre du meilleur chouilleur-baiseur de fille bourrées. Pathétique... Mais c'est devenu une vraie tradition à Lille.
Je regarde tout autours de moi, les mecs qui entourent les filles tels des chasseurs, près à bondir sur leur proie... Je lève les yeux au ciel et me relève rapidement.
Moi : Un whisky cola s'il vous plaît.
Je l'avale d'une traite, je cherche des yeux MA victime et enfin là voilà. Grand, Blond. PARFAIT. J'envoie rapidement un message à Lisa pour la rassurer ... Et je me mêle à la foule. Je me sentis étrangement euphorique. L'alcool était en train de faire son effet. Prise par la musique je me laisse emporter. Je ferme les yeux et, tout doucement, en dansant, je traverse la piste en suivant le rythme, heureuse au milieu de ses inconnus. Maintenant il ne me quitte pas des yeux, mes cheveux volent. Je danse en ondulant des épaules la bouche closes, en plein rêve. Puis j'ouvre les yeux et l'incite du regard à me rejoindre. Son corps chaud se colle au mien. Je n'entend même pas son nom, je ne veux pas savoir, je m'en fou complètement. Ce soir c'est l'éclate et je fait ce qu'il me plaît. Son souffle descend dans mon cou, j'en ai des frissons...
Inconnu : Attends-là princesse, j'arrive ;)
Je pouffe légèrement et m'appuie contre le mur, je passe la main dans mes cheveux lançant des regards charmeurs à tous ses hommes.
Rerel : Meeeuf! Je vois que tu t'es décider à t'amuser!
Rerel se tient à mon épaule, un cocktail à la main, le sourire aux lèvres.
Rerel : Faut que je te présente Anthony! Ce gars il a trop la classe! Bon, il a trente ans mais on s'en fou naaan?!
Mon inconnu revint avec 2 verres à la main.
Moi : Oui Rerel, on s'en fou. Bonne soirée ;)
J'attrape mon verre et sa main, l'emmenant dans un coin plus calme. Je bois plus doucement cette fois-ci, savourant mon cocktail. Je suis défoncée, j'ai le regard vicieux et sensuel. J'embrasse ce gars sauvagement, laissant aller ses mains ci et là sur moi, me foutant des conséquences. On est jeunes nan? Et je me dépraverais tant qu'il me le plaira de l'être ...
Elipse de quelques heures
La soirée touche à sa fin, les videurs et serveurs nous demande de sortir. Je ne tiens presque plus debout. Mon inconnu allait n'emmener dans son lit comme il me l'a plusieurs fois susurré à mon oreille. Deux silhouettes qui me disaient vaguement quelque chose apparurent.
Romain : Putain Alice, Tu es dans un état!
Moi : Romain... Camille, c'est vous?
Romain : Qui veux-tu que nous soyons?! Camille occupe-toi d'elle, je me charge de Rerel.
Malgré mon étourdissement mon c½ur battait vite au contact des doigts de Camille sur mon bras.
Camille : Excuse-moi mec, elle est avec moi ...
L'homme avec qui j'avais passé ma soirée semblait déçu de ne pas pouvoir aboutir à son projet qui était apparemment de me baiser comme une chienne.
Camille m'empoigna et me fit sortir devant le club pour attendre Romain et Rerel. C'était étrange, on se faisait aider par les deux plus grands bâtard de Lille mais ils étaient nos amis, non? On ne comptait plus toutes les conquêtes de Camille et celles de Romain (Masculines s'il vous plaît).
Mais j'aime me dire qu'un jour Camille sera à moi mais pas comme il est à moi d'habitude, non, à moi pour de vrai. LUI&MOI
Camille : Dis-donc, t'aimes te foutre dans la merde toi.
Moi : Tu sais, elle vient toute seule la merde...
Il secoue la tête, passe sa main sur ma joue, un brin tendrement et sourit à Romain qui portait presque Rerel, elle, est rigolait de la situation et lui criait qu'elle savait parfaitement marcher...
Nous étions tous les quatre au milieu de la rue Solférino, Je me serre plus fort contre Camille.
Les enseignes des bars étaient quasiment toutes éteintes. Certains jeunes quicher sur le bord de la route, d'autres faisaient les cons encore sous l'emprise de l'alcool, et sa criait, et sa gueulait. Fous, fous d'amour et ivres d'insouciance...
5 h 30du matin, il était temps pour la jeunesse d'aller gentiment se coucher. Demain elle se devait de tous recommencer ce cirque. Mais à quel prix?
Voilà... Hum, vos impressions? C'est le commencement on va dire.